Le procès de Kitting
Mesdames et messieurs les jurés. Nous sommes réunis en ce
jour funeste afin de juger les le professeur Kitting qui, je l’espère, ne peut
être que déclaré coupable face à la gravité de ses crimes.
Songez à l’affront que vient de subir notre honorable
établissement par les actes d’un jeune innocent corrompu par son professeur
Kitting, un révolutionnaire qui se dresse face à un système fiable forgé depuis
des générations par nos confrères. Il commet un sacrilège non pas parce qu’il
pense différemment mais parce qu’il inculque ses idées dans la tête de ses
élèves. Il enseigne des choses non vérifiées sorties tout droit de sa pensée et
n’hésite pas à critiquer et salir le nom des grands hommes de notre temps en
faisant commettre des actes de vandalisme inqualifiables en détruisant des
livres, insultant nos confrères et rejetant notre enseignement qui a pourtant
fait ses preuves de nombreuses fois.
Kitting a profité de son grade d’enseignant pour captiver ses
élèves par des activités destinées à les rendre différents, à rejeter notre
héritage, le conformisme, les règles et à vivre au jour présent, sans se
soucier de leur avenir, sans réfléchir aux conséquences de leurs actes en
libérant leur énergie, profitant de leur liberté alors qu’ils ne sont que des
enfants innocents sans aucun esprit critique. Il a profité de leur
vulnérabilité pour appeler à concevoir les choses sous un angle différent comme
si nous étions les méchants, comme si nous cherchions à les enfermer. Il les a
amenés à nous haïr pour les orienter vers le cercle des poètes disparus en
imposant ses idées et défiant notre système censé protéger nos lycéens. Malgré
les avertissements, il a continué à leur donner davantage de libertés. Il les a
rendus adultes sans les former, sûr de son enseignement parfait et
révolutionnaire !
Neel n’était qu’une victime. Kitting, en se faisant passer
pour un guide spirituel l’a amené à commettre des blasphèmes, des actes
illégaux, à désobéir volontairement à ses parents, à rejeter l’autorité et
reformer le cercle des poètes disparus, une secte qui a achevé de le corrompre
et pour finir, l’a mené au suicide. Lorsque ses parents ont compris la
situation, ils ont tenté de le ramener de force sur le droit chemin, de l’aider
à recouvrer l’esprit mais il était trop tard. Profondément atteint par cette
doctrine, il a mis fin à ses jours.
J’en appelle donc à la condamnation du professeur Kitting,
sans qui Neel serait toujours en vie, se serait épanoui, instruit et le moment
venu, aurait acquis cette liberté, ce droit de voir les choses sous un autre
angle.
Cédric Bevilacqua –
2016 Abtec
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