La bêtise de Johan
Sujet
Dans votre composition, vous devrez intégrer la phrase suivante : « Il lui cria du haut des escaliers qu’il ne voulait pas qu’elle monte et ne voulait plus la voir. ».
Rédaction
Dans votre composition, vous devrez intégrer la phrase suivante : « Il lui cria du haut des escaliers qu’il ne voulait pas qu’elle monte et ne voulait plus la voir. ».
Cette phrase peut être intégrer à n’importe quel endroit mais ne peut pas être modifiée.
Rédaction
Il s’appelle Johan et il a 13ans. Il vit avec sa mère, tout seul. Son père est mort il y a longtemps, sous ses yeux, d’un accident de la route. C’était un jour comme un autre, il était assis devant et ils roulaient tranquillement sur la nationale quand une voiture qui ne s’était pas rabattue assez vite leur était rentrée dedans. Seul le côté gauche de la voiture avait été percuté, ce qui lui avait permis de survivre. Son père en revanche n’avait pas eu cette chance. Comment peut-on vivre tranquillement, après avoir frôlé la mort et assisté à celle de son père ? Lui, il y était arrivé, il s’était entrainé à ne plus y penser, à ne plus voir sans cesse cette même scène du passé et à vivre dans le présent. Il y était arrivé… jusqu’au jour où ces souvenirs ont ressurgit de l’enfer plus forts que jamais.
Tout a commencé un soir à la sortie du collège. Des amis l’avaient invité à voir le dernier film au cinéma. Il était content, cela faisait si longtemps qu’il n’y était pas allé. Mais sa bonne humeur était vite retombée lorsque sa mère avait refusée de l’y emmener, sous prétexte qu’elle avait trop de travail. Elle était secrétaire à plein temps et elle avait tellement de papiers et de paperasse qu’elle en ramenait chez elle tous les soirs. Johan avait très mal pris son refus. Il lui cria du haut des escaliers qu’il ne voulait pas qu’elle monte et ne voulait plus la voir.
Il aurait pu rester dans sa chambre, enfermé, mais le destin en fût autrement. Johan avait du mal à se maîtriser quand il était en colère, il devenait facilement hystérique et là, il était sur le point de faire la plus grosse erreur de sa vie, celle qui réveillera ses souvenirs enfouis, celle qui pourrira sa vie et le rongera par la peur et le remord. Quand sa mère fût endormie, il descendit sans faire de bruit, attrapa discrètement le trousseau de clés, ouvrit doucement la porte et se dirigea vers la voiture. Il faisait nuit dehors, on ne voyait rien à part un lampadaire qui éclairait légèrement devant chez lui. Pas un seul oiseau ne volait, on entendait les grillons chanter et les voitures qui passaient au loin sur la route. La chaleur du mois de Juin alourdissait l’atmosphère. Sans bruits, Johan se dirigea à pas lents vers la voiture et y entra. Son estomac était noué, il était en sueur et ses mains tremblaient. Il savait qu’il faisait quelque chose de mal mais il ne pouvait plus reculer, il était énervé, il ne pouvait pas arrêter. Guidé par la rage, il enfonça la clé et tourna doucement le contact. La voiture démarra, il ne savait pas conduire mais cela ne le dérangea pas, tourner le volant, passer les vitesses, accélérer et freiner lui suffisait. Il alluma les phares et roula en direction du cinéma.
Il fallait l’avouer, pour quelqu’un n’ayant jamais conduit il était doué, mais cette chance ne dura pas. Surement à cause de la nuit, il ne voyait pas la limite de la route et roulait tout près du fossé. Il s’en rapprochait, de plus en plus, lorsque le pneu glissa. Johan eut la peur de sa vie, parce que la voiture se coucha presque, coincée dans le fossé, mais surtout parce que des souvenirs se réveillaient en lui. Une voiture, un accident, il ne lui en fallait pas plus pour revoir la mort de son père, se rappeler de tout. Le barrage qu’il avait passé des années à ériger céda brusquement, laissant s’écouler un torrent d’émotions, de peur et d’horreur. Pendant plusieurs minutes, l’adolescent resta figé, accroché au volant, les yeux fixes, le regard vide. Il finit par s’extirper doucement de la voiture, il tremblait comme une feuille. Il la regarda, se retourna et aperçu la lumière bleue du lampadaire devant chez lui. Il n’avait pas fait tant de chemin. A la manière d’un robot, il avança vers sa maison. Il rentra, monta et se recoucha.
Avait-t-il fait des cauchemars cette nuit-là ? Avait-t-il au moins dormi ? Il avait plutôt passé la nuit pétrifié dans son lit, revoyant la scène de son accident, ou plutôt de ses accidents en boucle. Il était déconnecté de la réalité, jusqu’au matin, où il fût sorti de sa terreur sans fin par le bruit strident de la sonnette. Il se leva lentement et écouta derrière la porte. C’était un agent de police, il tentait d’expliquer à sa mère que sa voiture avait été retrouvée accidentée près de chez elle. Elle était sous le choc, elle ne comprenait pas. Au bout d’une longue discussion, sa mère conclut que quelqu’un avait tenté de voler la voiture et avait fait un accident. Johan garda le secret pour lui, il savait que si elle apprenait ce qu’il avait fait, elle ne lui pardonnerait jamais.
Personne ne sut jamais ce qu’il s’était réellement passé, personne donc n’en voulut à l’adolescent mais il portait un lourd secret en lui et par sa faute, sa famille était ruinée. Il avait du mal à ne pas en parler, à tout garder pour lui. La mort de son père le tourmentait et maintenant son escapade nocturne s’ajoutait à la liste.
Cédric Bevilacqua – 2015 Abtec
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