L'Exode

Sujet


Vous ferez le récit de l’exode de la population française vers la zone libre par un de ces réfugiés. Le narrateur fera partie de cette foule errante qui fuit les zones occupées, il racontera l’arrivée des réfugiés dans l’un de ces villages refuges du Sud, leur accueil par la population locale, les conditions de vie rencontrées.

Rédaction


Trois heures du matin. C’est l’heure, l’heure de partir, l’heure de marcher, l’heure d’abandonner sa maison, ses amis qui restent, sa ville et parfois même, des membres de sa famille qui ont décidés de rester, de ne pas fuir face au destin qui approche. Je les comprends, partir en exode dans ces conditions semble être du suicide, aucune route n’est praticable et nous ne savons pas où nous allons. Quelque part, vers le sud, là où nous serons à l’abri des allemands, où nous trouverons des gens pour nous accueillir, nous nourrir, nous protéger… Mais ce n’est qu’un rêve. Je ne me rendrais pas aux nazis, ils ont tué tant d’hommes…

Nous partons avec notre sac, des biscuits secs, de l’argent et quelques photos de ceux qu’on aime et qui ne veulent pas nous suivre. Nous marchons, encore et toujours, sous cette chaleur accablante. Ici, il n’est pas question de s’arrêter ou de se reposer sinon les autres continuent sans nous, nous abandonnent. En temps de guerre, on a plus d’amis, plus d’espoir, plus de désespoir, rien. On avance du côté opposé des ennemis, comme des animaux qui fuient le feu, qui tentent la folie de ne pas se soumettre et de s’échapper.

Que voyons-nous se dessiner à l’horizon ? Un village ou n’est-ce qu’un mirage ? Peut-être sommes-nous arrivés, peut-être avons-nous réussi ! On arrive et les habitants nous accueillent, ils semblent heureux, tout semble normal à l’exception d’une chose : il n’y a plus aucun homme, tous sont partis appelés à la guerre, il ne reste que des femmes et des enfants. La générosité des habitants est sans pareille. Ils nous donnent à manger, à boire et nous permettent de dormir dans les champs à côté du village car nous étions plusieurs milliers.

Mais le lendemain matin, un bruit sourd résonne dans nos têtes. Un grand malheur va s’abattre sur le village. Au loin, des chars, des hommes armés, des canons et quelques avions. Les allemands nous avaient suivis. Rapidement, nous allons nous cacher dans les bois à côté. Mais il est trop tard. Des avions nous bombardent, des chars tirent, les maisons tombent, des coups de feu résonnent de partout, il y a des mitraillettes, le village est englouti par les flammes. Seules quelques centaines d’entre nous ont pu se cacher à temps. Les allemands sont repartis, l’air satisfait, laissant derrière eux les ruines d’un village et des centaines de morts. Ces gens, nous leur avons pris leur nourriture, leurs champs et nous leur avons amenés l’armée allemande. Ils ont été généreux et cela leur a coûté la vie et cela, c’est de notre faute.

Cédric Bevilacqua – 2015 Abtec

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