Souvenirs
Sujet
Vous gardez un souvenir d’enfance dans un cadre naturel.
Décrivez ce lieu et racontez cet épisode.
Rédaction
Il est treize heures dans l’après-midi. Mes petits enfants
sont venus et j’avais promis de les emmener au parc. Je ne les ai pas vus
depuis longtemps et je ne sors plus beaucoup non plus. On se gare et on passe
les grilles du parc. Les enfants courent, jouent et je m’assois sur un banc à
l’ombre des arbres. Il fait beau, chaud, les couleurs sont vives et des gosses
courent et s’amusent. Une petite brise légère souffle. Je ferme doucement les
yeux.
Soudain, des images s’affichent et s’animent. Un souvenir me
revient, un souvenir lointain, un souvenir que j’ai cru oublié depuis
longtemps. J’étais petit et je me trouvais dans un parc semblable à celui où
j’étais il y a quelques minutes. En fait, il s’agit du même endroit une
cinquantaine d’année plus tôt. J’étais avec des amis que j’ai perdu de vue il y
a bien longtemps. Je ne me souviens pas de leurs noms. Des oiseaux passent, le
vent chaud caresse ma joue, les papillons volent et les grillons chantent. Je
sens l’odeur des saucisses de mon père qui rôtissent sur le barbecue. Je me
vois jouer au foot. J’étais très fort, tout le monde me voulait toujours dans
son équipe.
Au bout d’un moment, je les vois partir. Ils se dirigent
vers un arbre. Je me souviens, cet arbre creux, on s’en servait comme d’une
cabane. Comment ai-je pu oublier cela… A l’intérieur, les branches partaient du
tronc dans tous les sens formant une sorte de parcours d’escalade. On jouait
des heures ici à se balancer et escalader ses branches. L’entrée était petite,
personne ne pouvait nous remarquer à l’intérieur. On se cachait souvent ici
pour échapper à nos parents lorsqu’il était l’heure de rentrer.
Après des dizaines de cache-cache et divers jeux, j’entends
une voix appeler « Je suis fatigué… Est-ce qu’on peut rentrer
maintenant ? ». Ma vue se trouble puis j’ouvre les yeux. Les enfants
sont là, devant moi, essoufflés. Ils sont tout rouges ! Ils ont l’air de
s’être bien amusés. Je lève les yeux et je vois mon arbre. C’était lui, ma
cabane. Il a beaucoup grandi. Et si je la montrais aux enfants ? Non, j’ai
juré, il y a bien longtemps, de la garder secrète. Le soleil se couche bientôt
et pendant que nous marchons en direction de la voiture, je pense au bonheur
d’être un enfant et d’avoir son arbre, sa cabane, son petit coin de nature
secret.
Cédric Bevilacqua –
2014 Abtec
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