Le fantôme de ma mère


Sujet


Ecrivez une composition de votre choix à l’imparfait.

Rédaction


Tout a commencé il y a un mois, lorsque ma mère est morte. Elle était atteinte d’un cancer depuis bien longtemps mais elle nous l’avait caché. En réalité, depuis dix ans, elle souffrait, trainant cette maladie avec elle, comme un poids enfoui en elle qui grandit, encore et encore et finit par devenir tellement gros qu’on ne peut plus le contenir. Bien sûr, ça n’a pas été immédiat. Elle me l’avait caché depuis le début mais cette dernière année, elle s’isolait de plus en plus souvent dans la salle de bain pendant plusieurs heures. Quand elle ressortait, elle avait les yeux rouges. Je savais que quelque chose n’allait pas mais elle n’avait jamais voulu me dire ce qu’il se passait, peut être pour ne pas m’inquiéter, jusqu’à ce que je me retrouve à son chevet, à l’hôpital, lui disant adieu sans comprendre pourquoi.

Quelques semaines après, elle était morte, enterrée même. Et pourtant… Pourtant je continuais à l’entendre, dans ma tête, elle me disait quoi faire, à l’école par exemple. Personne ne voulu jamais me croire mais j’en suis sûr, elle est là, avec moi. Ce n’est pas moi qui l’imagine, c’est bien elle, je savais des trucs que je ne devais pas savoir, j’entendais sa voix, dans ma tête, qui répondait à mes questions, qui me parlait, me réconfortait…

Personne ne me croyait, sauf un ami. Il m’a dit : « Tu sais, j’ai entendu dire que quand une personne est morte, son corps ne fonctionne plus mais son esprit continue à vivre dans la tête de ceux qui l’aiment. ». Cette phrase m’avait bouleversé, c’était ça, aucun doute possible, c’était la seule explication.

Depuis, je vis avec ma mère. Elle n’est pas morte, elle est avec moi, dans ma tête, elle m’accompagne partout. Personne ne me croit alors je garde le secret pour moi. Quand quelqu’un me dit « Mais comment tu sais tout ça ? », je lui réponds « Facile, j’ai appris ça dans les livres. ». Ils ne comprennent pas puisqu’ils n’acceptent pas la vérité quand je leur dis. Tant pis pour eux, c’est ma maman à moi tout seul.

Cédric Bevilacqua – 2015 Abtec

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